Quelle radioscopie d’élevage française en 2022 ? – .

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Quelle radioscopie d’élevage française en 2022 ? – .
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©JLL-LeTROT

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Essayer de représenter un secteur d’activité comme l’élevage attelé français avec quelques indicateurs à l’appui est toujours risqué. Un chiffre ou un nombre peut être trompeur, seul et hors contexte. Dans notre étude, il s’agit donc de bien tout observer, afin d’avoir une vision la plus complète possible de “l’éléphant dans son ensemble, de la trompe à la queue en passant par les oreilles”.

Une baisse dans le troupeau de poulinières

Avec 13 221 juments Trotteuses Françaises (TF) saillies en 2021, le troupeau actif est le plus faible de l’histoire récente. C’est en légère baisse par rapport à 2020, année 1 du Covid, (13 272, soit -0,38 %) qui avait plafonné, Covid aidant, par rapport à 2019 (14 163 juments saillies).

Ceux qui spéculaient sur une recrudescence du nombre de juments de travail en 2021 après les incertitudes extrêmes générées par le Covid 1 an 2020 étaient trop optimistes. 2021 est plutôt la répétition de 2020 avec un staff très proche et engagé.

Tout cela est drastiquement réduit si on remonte aux décennies précédentes :

– 2010 : 16 681 poulinières saillies,

– 2000 : 16 639 juments reproductrices couvertes.

Une série de produits enregistrés ont été corrélés avec la diminution

Avec 9 205 produits enregistrés en 2021 (conçus dans l’année Covid 1 de 2020), nous obtenons simultanément le plus faible nombre de jeunes bricoleurs enregistrés au cours des dernières décennies. Ce chiffre est en baisse de 6,78% en 2020 (9 874 produits déposés et conçus en 2019) et est logiquement surtout impacté par la crise sanitaire du Covid. 2020 et 2021 sont les seules années où moins de 10 000 produits enregistrés sont affichés. A titre indicatif, il y en avait 11 010 immatriculés en 2010 et 11 451 en 2000, à une époque de surproduction.

Un cheptel de poulinières de plus en plus qualitatif

Dans les données qui virent au vert, il y a des indicateurs sur la population de juments saillies. Sur les 13 221 en 2021, 11 041 ont été autorisés et représentent 84 % du total. Jamais cet indicateur n’a autant augmenté, étant le précédent record en 2020 avec 82% de qualifiés. Au début des années 2000, nous étions un peu plus de 70% de poulinières actives qualifiées.

2021 : 13 221 juments saillies dont 11 041 qualifiées (84%)

2020 : 13 272 juments saillies dont 10 892 qualifiées (82%)

2010 : 16 681 juments saillies dont 12 626 qualifiées (76%)

2001 : 16 718 juments saillies dont 12 028 qualifiées (72%)

Léger renforcement des meilleures catégories ces dix dernières années

En 2010, les juments de première catégorie représentaient 32% du troupeau. L’an dernier, ils étaient 35 %. Des deux premières catégories on obtient 51% en 2010 et 54% en 2021. Sous l’effet des vases communicants, les juments de cinquième et sixième catégorie passent de 28% en 2010 à 25% en 2021.

Une augmentation du nombre de juments entrant en production

Avec 1 723 juments saillies pour la première fois en 2021, la très forte baisse de 2020 (année Covid par excellence), qui n’avait enregistré que 1 588 nouvelles inscriptions dans le parc, a été enrayée. La part des nouvelles juments reproductrices représente en 2021 13,03% des juments saillies. C’est proche de 2019 (les entrants représentaient 13,21%) et même de 2001 (13,52%).

UN NOMBRE DÉCROISSANT D’AGRICULTEURS

Si l’indicateur du nombre d’éleveurs est en hausse en 2021, il s’agit d’un rebond après l’année Covid 2020, mais la tendance de fond est, en fait, une baisse du nombre de participants. En 2021 donc, le nombre total d’étalons déclarés (avec la définition IFCE : propriétaires ou copropriétaires de juments protégées pour produire en race TF quel que soit leur % de propriété) est de 7 077. C’est plus que 2020 (6 928), l’année atypique par excellence, mais moins que 2019 (7 476), 2018 (7 781) et 2017 (7 980). Le portrait type de cet éleveur très généraliste est de 1,9 juments saillies dans l’année.

Le nombre d’éleveurs principaux est également en baisse

C’est sans doute l’indicateur le plus significatif. En 2021, il y avait 3 824 éleveurs déclarés « éleveur principal ». Il s’agissait de la production conçue en 2020 impactée par le Covid. Ce nombre est nettement inférieur à celui des années précédentes, qui à leur tour ont généré une tendance à la baisse :

2018 : 4 357 meilleurs éleveurs

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2019 : 4 273

2020 : 4 138

2021 : 3 824

Une répartition de la taille des exploitations au détriment des « petits »

Entre 2018 et 2021, la répartition des éleveurs évolue peu et laisse présager une baisse de la représentation des « petits » éleveurs. Le nombre d’éleveurs avec une naissance unique diminue (2 466 en 2018 contre 2 137 en 2021) et diminue également en proportion (56,6 % du total des éleveurs en 2018 contre 55,9 % en 2021). Au contraire, le nombre d’éleveurs ayant 10 poulains inscrits ou plus reste stable (110) et passe donc de 2,5% en 2018 à 2,9% en 2021.

La main-d’œuvre la plus touchée dans l’Ouest et le Sud

Quelle région d’élevage est la plus touchée par la baisse de 6,78% des naissances entre 2021 et 2020 ? Trois fédérations régionales de trot affichent des indicateurs inférieurs aux autres : l’Ouest (-15,2% des produits inscrits), le Sud-Est (-13,0%) et le Sud-Ouest (-11,2%). Les bassins d’alevinage plus grands résistent mieux mais sont également en déclin. La Basse-Normandie affiche -7,7% (4 361 produits en 2021 vs 4 726 en 2020) et l’Anjou-Maine/Mid-West -4,0% (2 262 vs 2 367). La région Île-de-France / Haute-Normandie fait partie des singularités (+2,8% avec 479 contre 466) au même titre que l’Est (+4,4% avec 71 contre 68).

LA QUESTION DE LA REPRÉSENTATION DES ÉLEVEURS DE TROT

Avec environ 4 000 éleveurs leaders et 7 000 éleveurs actifs (voir les chiffres précédents sur cette page), la population d’éleveurs TF est importante. Cependant, il ne dispose pas d’une autorité nationale véritablement représentative. D’après nos décomptes (voir encadré en haut de page), il existe actuellement neuf associations ou unions régionales ou nationales d’éleveurs, mais aucune ne peut assumer le rôle de représentant des acteurs de l’élevage. Ce n’est pas le cas au galop avec la Fédération des Eleveurs du Galop. Son directeur Luc Kronus nous dit : « Nous avons 2 000 adhérents sachant qu’il y avait environ 5 000 éleveurs votants. Nous intégrons tous les profils, 70% étant de petits éleveurs avec une ou deux juments. Tous les grands descendants sont Nos membres représentent toutes les disciplines du galop, du plat et du saut d’obstacles, des pur-sang anglais aux AQPS et anglo-arabes, par exemple.

Avec trois salariés permanents et un réseau de consultants externes appelés en cas de besoin (vétérinaires, avocats, fiscalistes notamment), la Fédération des Eleveurs propose un service de conseil à ses adhérents. « Tout cela est possible grâce au financement apporté par les apports mais aussi par un prélèvement sur les primes à l’éleveur que perçoivent nos partenaires. Cette taxe est un pourcentage dégressif. Dans une première tranche de primes à l’éleveur, le pourcentage qui nous revient est de 4%. Pour les éleveurs qui reçoivent des primes importantes, le % diminue et atteint les 1 % supérieurs au sommet. La Fédération des Eleveurs participe à de nombreux échanges internationaux, représentant la voix française dans le concert mondial des éleveurs galopants. Il est également force de proposition auprès de France Galop. La Fédération des Éleveurs compte également des associations régionales et sectorielles (comme l’AFAC – Association Française du Cheval Arable de Course). Voici peut-être un modèle à étudier et à inspirer pour assurer une véritable représentation des éleveurs de trotteurs.

Un nombre décroissant d’étalons

Avec 404 étalons Trot Français (TF) déclarés actifs en 2021, nous avons le plus petit cheptel reproducteur mâle depuis des décennies. La population de saillies était estimée à plus de 800 individus au début des années 1990 (832 en 1991, 849 en 1992, 855 en 1993, etc.) avant de passer sous la barre des 600 en 1998 et pour la première fois sous la barre des 500 en 2008 (avec 493 étalons déclarés actifs ). Après être passée à plus de 500 unités entre 2013 et 2015, la population est désormais chiffrée en permanence à moins de 500. Il est même logique, au vu de la tendance actuelle et du nombre de 2021 (404), qu’elle passe sous le seuil des 400 très rapidement. Les données du printemps 2022 pourraient fournir une réponse positive à cette affirmation.

Une moyenne stable de juments saillies par étalon

En comparant les 13 221 poulinières saillies en 2021 aux 404 étalons en saillie, on obtient une activité moyenne de 32,7 juments par étalon. Un indicateur stable dans les années 2010 qui a commencé avec un ratio de 33,8 en 2010 pour afficher 34,2 en 2011, 30,5 en 2015 et 32,6 en 2018, par exemple.

Associations d’éleveurs répertoriées et actuellement actives

AETCE / Association des Eleveurs de Trotteurs du Centre Est / Président : Jean-Louis Berger

GETSO / Groupement des éleveurs de Trotteurs du Sud-Ouest / Président : Jean-Emmanuel Castagnet

Qualitrot / Association pour le Développement de l’Elevage de Trotteurs de Qualité en Picardie / Président : Alain Bloquet

SNECTF / Syndicat National des Eleveurs de Chevaux Trotteurs Français / Président : Thierry Andrieu

UPECT / Union des éleveurs de chevaux au trot / Président : James Carpentier

GAET / Groupement pour l’Amélioration de l’Elevage du Trotteur Français / Président Albéric Valais

ATAM / Association Anjou-Maine Trotters / Président : Bernard Plaire

SEPT / Syndicat des Etalons Individuels au Trot / Président : Jean-Yves Lhérété

Anglo-Norman Horse Society / Président : Jean-Pierre Vie

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